La thérapie en psychogénéalogie est une thérapie analytique, différente de la psychanalyse, en ce sens qu’elle ne repose pas uniquement sur l’étude de l’histoire de l’individu mais sur la transmission psychologique consciente et inconsciente de ses ancêtres. La psychogénéalogie a également ceci de particulier qu’elle s’adresse aussi bien aux personnes en grande souffrance psychique qu’à celles qui souhaitent mieux se comprendre, mieux se connaître.
Est-ce une démarche longue ?
Dans certains cas, elle peut être brève. On peut appréhender l’origine de ses problèmes en une dizaine d’heures. Toutefois, savoir ne signifie pas accepter.Dans d’autres cas, la prise en compte du contexte familial, social, culturel et historique s’avèrera plus fructueuse et efficace qu’une démarche thérapeutique traditionnelle.Grâce à l’approche transgénérationnelle, la répétition peut être entendue comme la remise en scène ou en paroles, inconsciente ou non, de souffrances ou de traumatismes non dépassés, non résolus, par un ou plusieurs de nos ancêtres.Ce type d’approche thérapeutique permet de comprendre des actes auxquels on ne pouvait donner de sens jusque là, des discours énigmatiques voire délirants, qui deviennent intelligibles dès lors qu’on les replace dans leur contexte transgénérationnel.
Comment se passe le premier entretien ?
Lors du premier entretien, la personne définit et exprime elle-même son but : pourquoi elle est venue, ce qu’elle cherche à comprendre, à changer, à transformer en elle et dans sa vie. Cet objectif sert de base à l’exploration de son arbre pour remonter à l’origine de ses maux ou de ses interrogations. Il fonde aussi le contrat tacite qui va s’instaurer entre le consultant et le thérapeute.
Comment le thérapeute se positionne-t-il ?
En psychogénéalogie, le thérapeute s’engage activement dans la démarche. Il pointe les noeuds, propose des hypothèses, valide les perceptions ou les paroles du consultant, au besoin les recadre, prend parti, conseille ou prescrit des actes symboliques.
Comment établit-on l’arbre psychogénéalogique ?
On commence à partir des éléments à la disposition du consultant. On remonte en général jusqu’à la 3e génération (AGP). On y inscrit les patronymes, les prénoms, les dates (conception, naissance, décès, mariage, séparation, divorce). Suivent les professions, maladies, accidents et, si c’est connu, les enfants morts-nés, décédés en bas-âge, avortés, les fausses couches, puis les événements marquants de la vie.Souvent, il manque des éléments. Le consultant est amené à les chercher auprès de l’administration, de la famille ou de son entourage proche. Il retisse ainsi des liens familiaux, ce qui entre parfois dans la résolution même de la problématique de son arbre en cas de rupture ou d’abandon.A partir de l’arbre ainsi constitué, on recherche les éléments répétitifs à travers les générations : noms, dates, professions, maladies, accidents, divorces.
Comment se déroule la thérapie ?
Jusqu’ici nous sommes restés surtout dans les faits généalogiques. On entre ensuite dans le vécu subjectif du client. En racontant ses souvenirs, dans le silence des « trous », là où se nichent peut-être les non-dits, les secrets de famille, le consultant dessine la famille telle qu’il la porte en lui, chargée de ses émotions et de ses liens affectifs.En fonction des questions qu’il/elle se pose, nous pourrons aborder, d’une séance à l’autre, différents thèmes de la psychogénéalogie : l’empreinte de naissance, la relation parents-enfant, les couples, unions, alliances, le milieu social et la culture d’origine, les traumatismes, le poids de l’Histoire et des migrations, la place au sein de sa famille et dans la société, l’équilibre intérieur féminin/masculin, les mythes et croyances familiaux….
Sommes-nous à ce point déterminés par notre passé ?
En prenant conscience des mécanismes psychogénéalogiques qui nous habitent, nous pouvons nous sentir parfois découragé par la prégnance des déterminismes familiaux. En prendre conscience est la première condition pour pouvoir nous libérer des répétitions.
Comment le consultant arrive-t-il à se sentir mieux ?
Le consultant est amené à parler de sa famille et de lui-même. C’est dans ce va et vient constant que se crée un espace au sein duquel la vraie identité du consultant peut se dégager, s’affirmer. A travers la reconnaissance de l’autre, il prend conscience de sa différence.La thérapie en psychogénéalogie nous permet de comprendre que si nos parents ont agi d’une certaine façon avec nous c’est parce qu’eux-mêmes étaient prisonniers de leur vécu familial.Ce constat nous permet d’abandonner nos émotions négatives, de leur pardonner et de les aimer tels qu’ils sont. Faire le deuil symbolique de notre passé nous permet de renaître.
Qu’entendez-vous par « renaître » ?
Renaître c’est apprendre à nous connaître, à être nous-même au présent, à prendre en charge nos désirs et nos aspirations. C’est être à l’écoute de notre moi pour nous donner tout ce que nous n’avons pas reçu de notre famille. S’aimer, c’est être en harmonie avec soi. Ce n’est qu’à cette condition que nous pouvons aimer les autres.
mercredi 8 juillet 2009
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