ELLE AURAIT EU 100 ANS LE 26 AOUT PROCHAIN !
Descendante de cosaques devenus des princes ukraino-polonais naturalisés russes, Sonia de Borodaewsky est née à Saïgon en 1926 après la fuite en exil de son père à la suite de la révolution bolchévique de 1917.
De ses quatre à ses dix ans, elle grandit à Prague, chez ses grands-parents paternels, eux aussi réfugiés. Sonia dira que c'est son grand-père Sergueï, ancien conseiller du tsar Nicolas II, qui a forgé son armature morale.
Après son arrivée en métropole en 1937, elle va à nouveau connaître l'exil avec ses grands-parents maternels en Normandie puis en Charente-Maritime.
En juin 1944, elle est jeune résistante à Jonzac. Dénoncée auprès de l'administration allemande, elle doit fuir dans le Lot-et-Garonne puis vivre cachée à Talence (Gironde).
En 1945, elle est interprète de russe dans l'armée de Delattre de Tassigny en Allemagne puis télétypiste à Baden-Baden. C'est là où elle rencontre son futur mari, Fernand.
Ensemble, ils vont avoir cinq enfants.
Après leur installation à Royan, Sonia se tourne vers le monde de la pêche. A l'époque, le métier gagne bien. Seul problème : il est interdit aux femmes.
C'est là où va commencer le combat de Sonia pour faire changer la loi Colbert qui date du XVIIIe siècle et ouvrir tous les métiers de la marine marchande et de la pêche, à égalité de droits, aux femmes.
Sonia va mener le reste de sa vie comme une femme libre d'être et d'aimer et assumer ses choix.
Elle fut aussi l'autrice d'un magnifique récit autobiographique, La Houle, publié chez René Julliard en 1959 (www.soniadeborodaewsky.com) et nous a légué une centaine de poèmes, dont certains ont été publiés à une ou plusieurs reprises et qui figurent à la fin du portrait que je lui consacre.